Le vin change d’emballage : PET, canettes, BIB et nouveaux formats

Du verre au PET, de la canette au bag-in-box : le vin cherche de nouveaux habits pour répondre aux défis économiques, environnementaux et générationnels.


Le marché du vin est en pleine tempête. Ce n’est un secret pour personne. Plus loin encore que la problématique liée à la diminution de sa consommation, son avenir se joue aussi d’un point de vue environnemental, et pas seulement dans les vignes.

La viticulture en France représente à peine 5 % des surfaces agricoles cultivées, mais pas loin de 70 % des fongicides utilisés. Il est donc fondamental de rénover les mentalités, de changer les pratiques, tout en ne perdant pas de vue les difficultés agricoles liées aux aléas climatiques et la rentabilité aléatoire que cette culture génère.

Dans les évolutions importantes de la filière viticole européenne, la décarbonation globale de l’activité tient une place majeure. Sachant que l’élément le plus compliqué à décarboner est le verre, de nombreuses initiatives voient le jour afin de proposer des modes de présentation alternatifs et surtout moins impactants pour la nature.

Le tout, bien entendu, sans oublier qu’il faut parler à une clientèle nouvelle, plus jeune, nettement plus nomade et surtout terriblement infidèle, qui passe allègrement d’une catégorie de produits à une autre en fonction du moment, mais surtout de ses envies.

Le vin reste et restera clairement un marqueur social pour une certaine catégorie de la population, mais l’évolution brutale de la consommation oblige les producteurs et les commerçants à des réflexions plus poussées afin de tenter de répondre aux attentes du marché. L’avenir n’est pas sombre à condition de penser le vin autrement que comme un simple produit culturel.

Quelque part, le vin doit, au moins partiellement, se banaliser et devenir une boisson comme les autres. C’est le prix à payer pour survivre, mais c’est aussi le mouvement le plus dangereux de sa très longue histoire, car ce produit n’a rien de banal. Il a d’abord été une boisson sacrée. Au bout de quelques millénaires, il est devenu une boisson profane. Nous vivons aujourd’hui la troisième époque du vin : une boisson, tout simplement.


Petit tour d’horizon des nouveaux emballages du vin

Le PET : léger, recyclable et encore difficile à accepter

PET est l’acronyme de polyéthylène téréphtalate. Si l’on connaît son usage régulier pour les sodas et les alcools servis dans les avions, ce n’est pas encore tout à fait entré dans les mœurs pour le vin.

Des vignerons autrichiens et portugais avaient tenté le coup il y a une vingtaine d’années, mais ce fut un échec. Il semblerait que le marché soit plus mature aujourd’hui.

L’avantage du PET réside dans sa légèreté, sa capacité au recyclage et sa facilité thermique. Son principal inconvénient est évident : cela reste une autre forme de plastique.

LYV – Rosé – Pays d’Oc

À la dégustation, une fois que l’on oublie le matériau, cela n’impacte absolument pas le vin. Attention cependant : ce format n’est pas prévu pour vivre plus que quelques mois. Au nez, on garde toutes les caractéristiques très florales de cette cuvée. En bouche, il n’y a rien à dire, c’est bon. Et la bouteille est jolie. Vous trouverez d’ailleurs la même bouteille en verre dans le même rayon pour le vin blanc, au cas où vos neurones ne seraient pas prêts.

8,99 € – DELHAIZE


Les canettes en aluminium : le vin version nomade

La canette est le projet nomade du vin. Elle peut contenir un ou deux verres, se refroidit beaucoup plus rapidement qu’une bouteille en verre, ne pèse que quelques grammes, se trie dans le sac bleu et est totalement recyclable. Elle protège également le vin de l’oxydation.

Elle permet aussi des habillages réellement originaux, comparables à ceux que l’on trouve sur les canettes de bière.

Son principal inconvénient est qu’elle ne permet pas d’évolution. Or, l’une des caractéristiques des grands vins est précisément leur capacité à évoluer.

L’Aventure – Rosé – IGP Méditerranée – Domaine Favori

À l’image de son emballage, c’est joyeux, jeune et friand. Un rosé que l’on mettra dans son sac à dos pour partir en balade.

8 € – BLEU


Les canettes en PET : montrer la couleur du vin

Le rosé se vend aussi par sa couleur. Il est donc évident qu’un contenant transparent favorise nettement la visibilité de la robe du vin. Sur le plan organoleptique, les caractéristiques de la canette ne nuisent pas au vin.

Barcelona – Rosé by Hola – Espagne

Un format léger et visible, pensé pour une consommation immédiate et décomplexée.

2,99 € – DELHAIZE


Les petits formats en verre

Pour être tout à fait honnête, qu’il y ait plus ou moins de verre ne change pas fondamentalement la question environnementale. Le verre pèse et reste compliqué à produire. En petit format, cela paraît simplement moins lourd à accepter.

Pocco Vino blanc – Pinot grigio – Australie – 18,7 cl

La cible visée est clairement jeune et très visuelle. C’est le genre de bouteille qui se glisse facilement dans un panier de pique-nique grâce à sa capsule à vis. L’esthétique prime clairement, mais le résultat est plutôt réussi.

3,99 € – DELHAIZE


Le retour de la demi-bouteille

Alors qu’elle avait progressivement traversé le désert et était devenue de moins en moins courue, la demi-bouteille revient dans toute sa splendeur.

Masso Antico Primitivo Salento – 37,5 cl

Le retour d’un format pratique pour l’un des grands succès du moment : un primitivo des Pouilles plébiscité par les consommateurs pour sa rondeur et sa suavité.

4,65 € – COLRUYT


Les fioles de 10 cl : goûter sans ouvrir une bouteille

Apparues massivement durant le confinement, ces fioles permettaient d’organiser des dégustations en ligne avec seulement 10 cl de vin par tube.

Le principal défaut de ces contenants est leur prix de revient, déjà élevé lorsqu’ils sont vides. Leur avantage est qu’ils permettent de goûter de grands vins en les conservant de manière optimale.

Château Rol de Fombrauge 2022 – Saint-Émilion Grand Cru

Là, on entre clairement dans une autre dimension. On joue un peu plus haut, du côté du cadeau destiné à un amateur de vin. C’est une idée plutôt séduisante.

4,99 € – INTERMARCHÉ


Les poches et le retour en grâce du bag-in-box

Longtemps relégué au rang du jaja qui fait des taches, le bag-in-box, de son petit nom le BIB, évolue, et même plutôt bien.

Ne confondez pas BIB et cubitainer : c’est notamment une question de taille. Le cubi peut contenir de gros volumes, alors que le BIB s’installe dans le réfrigérateur et permet de servir le vin au fil des jours.

On distingue aujourd’hui dans les BIB une tendance très qualitative, qui s’assume complètement et propose des cuvées de plus en plus attrayantes.

Petit Bistro 2025 – Viognier, Rolle – Pays d’Oc

La surface disponible sur l’emballage permet de jouer avec différents codes. Ici, on va jusqu’à présenter la photo d’un plat susceptible d’accompagner le vin. C’est technique, très floral. Cela doit se boire très frais pour accompagner les fiestas au jardin, sans poser de question.

8,79 € – COLRUYT

Soleil Infini Rosé 2025 – France

Juste au-dessus du robinet, on peut lire « vin rosé frais et fruité ». Cela paraît évident pour nombre d’entre vous, mais pour les nouveaux consommateurs, c’est une façon beaucoup plus simple et directe d’aborder le vin. Quand on sait que c’est frais et fruité, même si c’est redondant, cela rassure.

C’est effectivement frais et fruité. Pour accompagner un taboulé trop cuit, une tomate-mozzarella au vinaigre balsamique et quelques guêpes, c’est parfait.

SPAR

Cap Sud Rosé à l’Aise – Bobal – Espagne

Ce qui est intéressant ici, c’est que l’on joue clairement avec les codes d’un rosé de Provence tout en proposant un vin espagnol. Je suis prêt à parier que bon nombre de consommateurs qui aiment ce rosé sont réfractaires à l’idée du vin espagnol, mais adorent ce petit « rosé à l’aise » qui fait parfaitement le travail.

11,99 € – ALDI

Le Beur Blanc – 100 % Chardonnay – AOP Beaujolais-Villages

Dans le monde des poches, les choses bougent. BIB.in propose depuis peu sur le marché belge des BIB de très grande qualité, en bio, en biodynamie et même en nature. Celui-ci est un véritable rayon de soleil dans cette dégustation, et il n’est même pas beaucoup plus cher que les autres.

68 € – BIB.in


Personne n’échappe au Spritz

Vous êtes toujours perplexe au moment du dosage ? Le gobelet doseur Perlogy pourrait vous sauver. Inventé en Belgique, il suffit de suivre les recommandations et votre Spritz sera toujours parfaitement dosé.

Doseur Perlogy

Disponible sur theaperology.com ou sur Amazon.

16,90 €

Dandyne

Pour ne pas rater votre Spritz, il y a le doseur, mais aussi Dandyne, une nouveauté créée par Julien Brunin. Elle permet de réussir ses cocktails puisqu’il n’y a plus de bitter à ajouter. Le produit est fabriqué en France sur une idée belge.

Disponible uniquement chez les cavistes. Site : dandyne.com.

7,50 €

 

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